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Après  une bonne vingtaine d’années passées dans l’obscurité, le cinéma congolais fait à nouveau parler de lui à travers un nouveau film, réalisé par un jeune cinéaste congolais Djo Munga.

 

Viva Riva est un film à suivre comme un polar, le scénario évoque les manœuvres louches des gangs et des trafiquants dans la ville de Kinshasa.

Ce long métrage congolais intégralement tourné  à Kinshasa est une réalisation bilingue (français et lingala) qui a été diffusé  depuis le début de cette année dans plusieurs pays comme le Canada, l’Angleterre, les états unis, la Belgique, l’Australie, l’Allemagne, la République démocratique du Congo et  sera à partir  de janvier 2012 à l’honneur en France.

 

Viva Riva est en fait l’histoire d’un drame criminel contenant tous les ingrédients d’un thriller dans lequel on retrouve des scènes de violences, de la trahison, du chantage, des règlements de comptes entre meurtriers mais aussi des scènes de sexualité filmées sans tabou, une première dans le cinéma congolais.

Dans un continent où la sexualité reste encore un sujet tabou dans plusieurs familles, Viva Riva ambitionne de briser ces « barrières de la retenue ».

Un événement international

Diffusé en avant-première en juin 2011 aux Etas Unis, Viva Riva a été accueilli positivement par le public, la presse ainsi que les critiques américains d’après le réalisateur du film. Après le public américain, britannique et canadien, Viva Riva espère aujourd’hui conquérir le cœur du public européen et africain grâce à sa diffusion dans les salles européennes et africaines.

 

Paradoxalement, Kinshasa n’a pas été la première ville ou le film a été projetté en raison de  manque de distributeur et de salles de cinéma. « Nous avions seulement organisé une présentation confidentielle devant une centaine de Congolais mais c’est tout », précise le réalisateur Djo Tunda wa Munga. « Mais je compte passer par tous les moyens pour promouvoir le film auprès du public congolais en passant notamment par des projets dans des boîtes de nuit, des grands restaurants, des écoles….

 

Toutefois, Une projection  a finalement pu voir le jour  dans la capitale congolaise, ou tout au long du mois de septembre,  21 projections étaient réservées à ce polar de Djo Tunda, qui a réussi à convaincre des milliers de  personnes dans les villes où le film a été à l’affiche.

Le film a décroché le prix du meilleur film africain de l’année lors de l’African Movie Academy Awards (AMAA) qui s’est tenue en mars 2011 au Nigéria. « C’était une énorme surprise pour moi de voir l’attention accordée à un film francophone par un univers cinématographique dominé par la production anglophone. C’est un signe de modernité venant des organisateurs de la cérémonie d’accepter un film réalisé dans un pays francophone comme le Congo et qui n’est pas spécialement réputé pour son industrie cinématographique ».

Une réalité qu’il ne faut pas cacher

Le film reste avant tout un divertissement, un polar, une fiction mais il tente aussi de refléter « une réalité fictionnalisée » des quinze dernières années « d’un pays à la dérive , d’une société où la misère sociale se fait ressentir et dans laquelle la population est confrontée sans cesse à des conflits sociaux, à la corruption et à un capitalisme brutal où l’argent semble être au cœur de tout laissant derrière lui une pauvreté et une misère noire toujours plus importante », explique son réalisateur.

Une atmosphère chaleureuse

Le film a été tourné avec des acteurs non professionnels, sélectionnés et formés sur le terrain local et qui grâce à leurs talents semblent avoir réussi à faire ressortir le meilleur d’eux-mêmes. Le réalisateur insiste aussi sur l’atmosphère chaleureuse pendant le tournage et le contact positif avec la population locale ravie de pouvoir assister à un tel événement. « Les gens ont beaucoup rigolé, ils se sont impliqués et certains nous ont même invité à filmer dans leurs propres maisons », se rappelle-t-il.

Viva Riva est le premier long métrage réalisé depuis les vingt dernières années en République Démocratique du Congo après le très populaire film « La vie est belle » des années 80 qui avait déjà connu un énorme succès populaire. Cette réalisation cinématographique peut faire naître un premier espoir auprès du jeune public car il apparait pour certains observateurs comme une preuve matérielle qu’on peut réaliser des grandes choses avec la volonté.