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RDC/ Katanga : Festival Nzenze « Ngoma ya kwetu »: UN CARREFOUR D'ECHANGE CULTUREL ET MUSICAL DANS LA PROVINCE du Katanga.

 

Dans la province cuprifère du Katanga en République Démocratique du Congo, est né il y a quelques années, un festival de musique appelé : Festival Nzenze « ngoma ya kwetu ».

Le festival s'est imposé comme un podium d’échange culturel et musical entre les jeunes artistes de la région, aux styles musicaux bien différents et dont la passion pour cet art est sans limites.

Une première dans cette province, qui a vu au fil des années l’éclosion des jeunes talents sur le paysage musical Katangais et qui a donné à certains d’entre eux l’opportunité de sortir de l’anonymat et de placer la province sous un autre jour.

UNE AMBITION LOUABLE ET SANS FRONTIERE

 

Organisé annuellement depuis 2005 dans plusieurs villes de la province, et promouvant des thèmes variés, essentiellement liés aux questions sociétales telles que "l'artiste face à la citoyenne", " pêche, culture et élevage, pour la consolidation de la paix dans la région de Grands-Lacs", ou encore « L’exploitation minière et la promotion de la culture au Katanga, le festival Nzenze qui est déjà à sa 7ème édition, est aussi allé au delà des frontières congolaises, faisant appel à des artistes en provenance de certains pays africains, pour partager la même scène, le même podium, que les artistes locaux.

 

Nzenze ngoma ya kwetu ambitionne de mettre en exergue les valeurs culturelles katangaises ; on comprend dès lors, l’importance qu’il accorde au phénomène musical, qui, à travers ses thèmes, représente un enjeu majeur dans le développement économique et culturel de tout un pays.

C’est pour cette raison, que les organisateurs du festival Nzenze Ngoma ya kwetu, lors de chaque édition, établissent obligatoirement un lien entre l’importance du développement culturel et sa capacité à générer des richesses et des emplois à travers le pays.

 

Connu pour sa disponibilité envers la jeunesse katangaise et pour son dévouement sans faille à l’encontre de cette population cible qui selon lui constitue l’avenir du pays, Monsieur Dhedhe Mupasa, jeune et dynamique homme d’affaires, à la tête d’un mouvement citoyen, s’est lancé il ya quelques années un défi : celui de contribuer par son investissement et ses engagements à l’émergence culturelle de cette belle et riche province.

 

Cependant, par delà les difficultés rencontrées sur son chemin, la construction, l’organisation, ainsi que la mise en place de ce projet, n’ont pas constituées un obstacle pour la réalisation et la poursuite de ses ambitions.

Il se dit satisfait des résultats et de la dimension incalculable que le festival Nzenze apporte à la province du Katanga, et aux jeunes artistes. Monsieur Mupasa, livre à travers cette interview, les coulisses de ce projet phare, et dresse un bilan sur l’état de santé de l’industrie musicale au Congo et tout particulièrement dans la province du Katanga.

RENCONTRE AVEC MONSIEUR DHEDHE MUPASA LOKUBO: Opérateur économique établi dans la ville de Lubumbashi et initiateur du festival "Nzenze": bilan et état de santé.

1) Pouvez-vous vous présenter

 

Je m'appelle Dhedhe Mupasa Lukobo, je suis un opérateur économique d'origine congolaise, né dans la province du Bandundu le 27 juin 1965. J'ai passé une partie de mon enfance à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo et, plus tard à l'âge de 15ans, avec ma famille, nous nous installons dans la province du Katanga. Je travail en tant qu'administrateur d’une société douanière, mais également comme mandataire en mine à Lubumbashi.

2) Vous vous impliquez avec beaucoup d'engagement dans la promotion de la culture musicale au Katanga : quelles sont vos motivations et déterminations sur cette voie?


Effectivement, tous les aspects concernant la chose culturelle  principalement ceux qui naviguent autour de la musique m’intéresse, d'où ma disponibilité vis-à-vis de l'encadrement des jeunes artistes.

Je me bats autant que je peux dans le but de promouvoir la culture musicale au Katanga, car, il faut admettre que la musique représente un levier de changement vers une société plus durable. Il faut savoir que la culture est un instrument d'éducation et apparaît comme une base permettant d'identifier tout un peuple.

La culture d'un pays constitue une source de revenu non négligeable surtout dans nos pays africains où l'accent est souvent mis sur les ressources naturelles et minières. La culture permet également à un pays de se développer.

 

3) A l’intérieur du pays, on danse régulièrement sur les airs musicaux provenant des artistes de la capitale. Comment expliquez-vous ce phénomène.


Il convient de noter que les artistes musiciens de la capitale congolaise Kinshasa ont eu l'avantage d'imposer et de faire danser tout le pays sur le rythme de leurs mélodies grâce notamment aux médias nationaux installés pour la grande majorité dans la capitale, et, qui couvraient l'ensemble du territoire.

Cela a permis que les œuvres de ces différents artistes arrosent toute la république et se répandent même dans les coins les plus reculés.

Le problème avec la musique produite localement, c'est qu'elle se heurte malheureusement à un cortège de difficultés telles que le manque d'infrastructures adéquates : manque de studios d'enregistrement, de maisons de disque, de producteurs permanents, d'encadrement et de suivi, et de ce fait, la musique locale n’arrive pas à s’exporter facilement au-delà des frontières locales.

C’est justement à ce niveau-là que se situent les efforts que nous fournissons et mon objectif principal et celui de rehausser le niveau de cette musique afin qu'elle gagne en qualité, mais aussi qu'elle obtienne, si pas le même succès que la musique faite par les artistes de la capitale, mais au moins qu’elle bénéficie d’une une large diffusion nationale.

 

4) En votre qualité d'opérateur économique, n'est-il pas difficile de combiner le monde des affaires à celui de la musique


Pas du tout, car j'éprouve un réel attachement vis-à-vis de la culture,  principalement de la musique et des personnes qui la pratique, d'où mes efforts de disponibilité envers cette jeunesse.

Mon souhait est de voir la musique Katangaise émergée et, je considère que le monde des affaires se réalise en produisant de la richesse et donc du travail. Si on observe attentivement la situation économique des pays occidentaux, on constatera que la chose culturelle est par essence même la création de l'économie.

 

Il est tout aussi important de rappeler que la musique joue un rôle prépondérant et contribue dans le développement d'un pays. L'analphabétisme a malheureusement atteint un niveau inimaginable dans nos pays, et si la musique peut être un vecteur pour l'éducation de notre jeunesse, il est important pour les acteurs politiques et économiques de promouvoir cette musique et de bien cerner quel type de musique doit être diffusée et consommée par nos populations.

 

5) Quelle est la place des operateurs économiques sur le marché de la musique locale, comment les encourager à soutenir les artistes locaux.

 

Elle n’est pas vraiment palpable, cependant, je dois reconnaitre que nous recevons parfois un soutient venant de quelques entreprises locales, des autorités provinciales, et nous avons également bénéficié à un moment donné de l’aide du centre culturel français de Lubumbashi.

Toutefois, je suis optimiste à l’idée qu’une fois que la carrière musicale de ces jeunes talents décollera et atteindra une certaine notoriété, elle sera perçue comme un produit commercial capable d’engendrer des bénéfices sur le long terme et pourra ainsi déterminer d’avantage de personnes, à s’investir financièrement et matériellement afin de soutenir ces jeunes artistes.

De même il faut savoir que l'industrie musicale est une grande industrie, une mine d'or pouvant être d'un grand apport dans l'assiette budgétaire du pays; plus la musique émerge dans une ville, des nouvelles richesses et activités sont créées : La vente d' instruments de musique, la mise en place des studios d'enregistrement, la vente de cd et DVD, la location des salles de spectacle, l'organisation de concerts, ainsi que les produits dérivés, permettront de créer de l'emploi et tous cela réuni, permettra aussi à l'État de tirer bénéfice en matière de recette fiscale.

6) Parlons du festival nzenze ; pouvez-vous nous en dire plus sur la naissance de ce projet, en quoi consiste-t-il, quel en est le but, et quel impact a-t-il eu sur la population Katangaise

 

Suite aux multiples difficultés auxquelles l’industrie musicale katangaise est confrontée, et par souci de promouvoir les jeunes talents, j’ai considéré qu’il était nécessaire de mettre en place une structure pouvant apparaitre comme un tremplin pour ces jeunes artistes.

Je me suis alors dit : « créons un festival qui prendra la forme d'un forum d'examen, d’interrogation sur les problématiques de la musique locale, un podium d'échanges entre les différents acteurs, mais aussi un forum de recherche de solutions et d’orientation de la chose culturelle ».

Mon objectif était de promouvoir non seulement des talents encore peu connus du public, mais également faire connaitre la musique produite localement.

Avec le festival Nzenze, qui est un carrefour d’échange culturel, le Katanga a pris une nouvelle dimension musicale. Plusieurs artistes se sont fait connaitre tant au niveau local, national, que celui international.

J’ai ainsi donné à travers le festival nzenze, l’opportunité à plusieurs groupes, et plusieurs artistes de couler l’expression artistique sur une même scène afin d’exprimer librement et sans contrainte leurs talents.

Mon souhait à l’heure actuel est celui de promouvoir le festival Nzenze sur la scène nationale et conquérir d’autres plus grandes villes que celles où nous avons déjà organisé le festival.

Il faut aussi savoir que les artistes qui participent au festival concourent pour des trophés et brevets récompensant, le meilleur groupe, le meilleur instrumentaliste, la meilleure voix, le meilleur spectacle, et prime aussi les artistes évoluant dans divers catégories musicales tels que la Rumba, le reggae, le hip hop, le gospel etc.…

7) Le festival Nzenze est maintenant à sa 7ème édition, selon vous a-t-il porté ses fruits


Certainement, autrement nous ne serions pas à la 7ème édition, et tout doucement, notre musique commence à se faire connaitre au-delà des frontières katangaises.

Des jeunes musiciens talentueux tels que Dacosta, Rj kaniera, ou encore Joe Kyzi font bouger toute la ville par le son de leur musique qui retenti jusqu'à Kinshasa, en Zambie, en Tanzanie, ou encore au Kenya.

Joe Kizy pour ne parler que de lui est déjà à son troisième album.


8) Est-ce qu'autour de ce projet vous avez réussi à rassembler des partenaires prêts à le soutenir  


L’organisation d'une activité culturelle exige l'accompagnement financier et matériel des sponsors .Comme vous le savez, les sponsors répondent favorablement lorsqu'une activité bénéficie déjà d'une certaine forme de popularité. Cela dit, nous tendons toujours la main.......

Au Congo, la société qui accepte le plus souvent de faire la promotion de la musique c'est la société Brassicole. Le problème est que c’est une brasserie, et nous faisons appel également à d'autres sociétés, car nous évitons au mieux possible d'associer la musique à l'alcool.

Nous lançons un appel à L'Etat en tant que premier responsable, de se joindre à nos efforts et de nous soutenir de façon permanente dans nos démarches.

Pour ma part, en tant qu'opérateur économique, et, soucieux de promouvoir la culture musicale et le talent des jeunes musiciens, il est de mon devoir de m’investir avec ce que je peux, afin de donner une place importante à la musique katangaise et d’inciter les autres acteurs à s’impliquer d’avantage.


9) Les jeunes musiciens congolais, bénéficient-ils d’un encadrement (écoles, professeurs, instruments de musique) qui pourrait garantir leurs formations dans l'avenir


Nous travaillons tous ces aspects afin de les soumettre aux  autorités. Toutefois, il est du devoir des autorités gouvernementales de mettre en place une politique solide et durable visant l’encadrement et l’épanouissement culturel de sa jeunesse.

Malheureusement, il existe encore un manque d'intérêt venant des autorités. La province manque des salles de spectacle, des écoles de musique etc. ...

Nous sommes dans un régime démocratique, c'est au travers de nos députés qu'on devrait transmettre toutes ces doléances, car c'est à eux de prendre les mesures législatives nécessaires pour préparer l’avenir de nos jeunes talents. 

10) Les jeunes que vous encadrez ont-ils un avenir dans la musique? Sont-ils pris au sérieux? Quelle place occupe la musique au sein de la population Katangaise

 

Ils sont nombreux à se lancer dans la musique mais peu y vont avec l’ambition d’y faire carrière, peu y vont avec la conviction d’aller au-delà des contraintes que la carrière qu’ils entament impose.

La population peut ou ne pas leur accorder une dose de crédibilité, mais vous savez comme dans beaucoup d'autres secteurs, c’est la persévérance qui paye.

Aujourd'hui, il nous arrive de ne plus faire appel aux artistes en provenance de Kinshasa pour agrémenter les manifestations, Nous avons recours aux musiciens locaux, et, force est de constater que ces jeunes artistes commencent à s'affirmer en tant que musiciens et peuvent désormais vivre du fruit de leur travail.

Les jeunes musiciens sont progressivement invités à des fêtes de mariages, des manifestations, et sont de plus en plus écoutés.Cela démontre suffisamment qu'ils ont de l’avenir.

La musique réjouit la jeunesse, et, c'est cette musique qui commence à rythmer les boîtes, les bars, et sur une grande partie de la musique diffusée dans ces espaces, une bonne partie, provient de la musique locale, c'est déjà un début.

11) La musique relève de la sensibilité que l’on possède face à certains phénomènes : la naissance, l’amour, la pauvreté. Est-ce que vous pensez qu’on retrouve encore dans la musique Congolaise ces thèmes de société


Vous savez, le pays a connu une dictature pendant trente  ans. Nous avons connu la colonisation et il faut savoir qu'à l'époque coloniale, il y avait toute une philosophie autour de la culture musicale. Ce n'était pas tout  monde qui pouvait faire de la musique et voir sa chanson ou sa mélodie  diffusée.

Il existait un caractère distinctif qui déterminait qui était apte à faire ou pas de la musique. Ensuite avec la dictature qui s'est installée après l'indépendance, la musique était faite à la gloire d'un homme.

L’objectif ou si je peux dire la mission principale de la musique, celle de changer les mœurs ou de transmettre des émotions, de conférer et de refléter l’identité d'un peuple ou encore de communiquer avec d’autres peuple du monde pour montrer son existence, a peu à peu disparu.

La province du Katanga a l'avantage d'avoir son sous-sol riche, mais aujourd'hui on a l'impression que lorsque les investisseurs viennent au Katanga, ce n'est que pour exploiter les richesses de son sous-sol. Certains d'entre eux oublient qu’il y a un peuple à côté, et l'expression de ce peuple peut aussi se traduire au travers de sa musique surtout si elle arrive à se faire connaitre et si elle plaît.

Un exemple concret, est le cas de la Jamaïque où, quand vous y allez vous vous attendez à écouter du reggae, ou encore, le Brésil où on pense que dans chaque coin de  rue se joue du football, pendant que ce n'est pas  la réalité. Le Congo doit aussi transmettre cet état d’esprit.

Voilà où se situe approximativement notre combat et c’est pour cela jour après jour nous faisons en sorte d'encadrer et de promouvoir la musique Katangaise et Congolaise, dans l’espoir de lui redonner son rôle premier.

 

12) Le thème le plus souvent abordé dans la musique congolaise reste l’amour et parfois présenté de la façon la plus vulgaire par certains musiciens. N’assistons-nous pas à une perte des valeurs musicales

 

Effectivement nous assistons à un fléchissement des mœurs au sein de la musique congolaise mais aussi au sein de la société. Malheureusement force est de constater qu’une partie de cette société devient de plus en plus immorale à force de consommer cette musique.

Tout cela est une des conséquences de la mauvaise gestion du pays, du manque d'encadrement et de politique pouvant déterminer le rôle de la musique, et de la liberté d'expression que détiennent certains de nos musiciens, cela encourage certains d'entre eux à produire des œuvres qui se vendent très bien au mépris de toutes éthiques. Il faut de même comprendre, que la pauvreté et la misère facilite la recherche du profit à tout prix.

Afin de redresser cette situation, et face à ces mauvaises habitudes qui ont élu domicile au sein du paysage musical congolais un travail de fonds doit être fait par le gouvernement qui est dans l'obligation de lever le ton pour sauver sa jeunesse.

Je pense que plusieurs acteurs doivent entrer en jeu, tels que les médias, les écoles, les différentes confessions religieuses pour ramener l'homme à sa moralité et à ses mœurs.

 

13) Pensez-vous que ce phénomène pourra-t-il gangrené la morale et les œuvres des jeunes musiciens émergent  


En tant que promoteur de musique, nous conseillons à travers les festivals que nous organisons, de garder une certaine forme de moralité et de décence. Nous essayons également de mettre des garde-fous et de faire une prise de conscience.

Cependant, le plus gros travail à faire reste à L'Etat à travers la mise en place des lois solides, afin qu’il y ait des orientations, notamment pour les musiciens qui sombrent à la dérive.

En ce qui concerne la musique produite aux Katanga vous observerez qu'elle n'est pas obscène et nous espérons qu'elle restera ainsi.

 

14) Quels sont les thèmes qui devraient être le plus souvent abordés et qui pourraient avoir un impact sur le développement du pays dans le contexte actuel du pays


Il faudrait des thèmes sur l'existence de l'homme, qui conscientisent l'homme dans son environnement afin de le pousser à évoluer, des thèmes à travers lesquels l’homme comprenne son utilité sur terre, et qu’il se valorise dans son existence. Il faudrait mettre l'accent sur l'amour du prochain.

Quand vous ne connaissez pas le but de votre existence, il est difficile d'aménager votre environnement, mais quand on est conscient de son existence, c'est automatiquement qu'on pense à aménager sa vie future, et la vie future n'est préparée qu'aujourd'hui.

 

15) Le phénomène dit" Mabanga" prend de l’ampleur au sein de la musique congolaise, une sorte de dédicaces payantes pour faire des éloges à des personnes, et qui sont placées dans le corps de la chanson. Est-ce que cette pratique vous semble-t-elle normale.

 

C'est exact, vous n'avez pas tort de le constater, nous le décrions également, mais il faut savoir que tout cela est parfois le résultat de la pauvreté qui sévit dans le pays. Les musiciens qui ne vivent pas ou ne jouissent pas pleinement de leurs œuvres, s'adonnent à de telles pratiques hautement rentables afin d'augmenter leurs revenus.

Nous n'encourageons pas cela, nous nous espérons qu'avec les années, ce phénomène prendra fin.

D’un autre côté, n'oublions pas qu'il n'y a aucune loi qui interdit formellement aux artistes de dédicacer des personnes à travers leurs chansons, quand ils veulent remercier ou féliciter des personnes. Ce qu’ils doivent simplement comprendre, c’est que ces dédicaces ne doivent pas envahir tout le corps de la chanson.

 

16) Comment voyez-vous l'avenir de la musique Katangaise en particulier et Congolaise en général

 

Je suis optimiste quant à l'avenir de la musique congolaise, car elle a du potentiel, nous avons des artistes talentueux, des jeunes musiciens très doués et personne ne peut le contester.

Les consommateurs de cette musique sont toujours fidèles et en grand nombre. Le monde reste tourné vers le Congo, si non pour sa musique, mais pour sa richesse, sa forêt, sa beauté, sa situation géographique.

Il y a de l avenir, seulement, il revient aux personnes qui ont de la passion pour cet art, de s’y donner corps et âme afin de mettre à disposition des artistes, les moyens nécessaires pour leur permettre d'émerger dans l'univers de la musique.


17) Le lingala est la langue de la chanson en RDC. Est-ce que le fait que les jeunes artistes katangais chantent dans une langue autre que le lingala ne représente pas un frein à une diffusion nationale

 

Pas nécessairement, les américains vendent leur musique dans une langue qui n'est pas parlée partout, mais cette musique connaît un succès mondial. Je pense que c'est plutôt le rythme qui accroche, et, qui séduit.

Le message peut être compris à travers les images d'un vidéoclip, d'où l'importance d'avoir des images qui sont illustratives.

Tous ces éléments réunis procurent une certaine émotion auprès des mélomanes. Aujourd'hui on constate que 4 langues sont parlées convenablement à travers le pays. Donc que l'on chante en swahili, lingala, français ou kikongo, l'essentiel est d'illustrer au mieux sa musique pour gagner plus d'audience

par Christiane N.