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La population congolaise aurait un accès facile et illégal à ces armes et bénéficierait en plus de la complicité des certains éléments des Forces armées congolaises et de la police locale), selon l’enquête du GRIP qui se penche sur la prolifération des armes légères et de petits calibres dans cette région africaine.

60% des personnes interrogées à l’Est de la RDC estiment que les armes à feu détenues illégalement provoquent de l’insécurité dans leur environnement tandis que 34 % pensent le contraire.

Portée à la connaissance d’un public large cette année à travers un ouvrage intitulé « Enquête sur la perception de l’insécurité », l’étude effectuée sur près de 10.000 ménages vivant à l’Est de la République Démocratique du Congo décrit la perception de la population face à la problématique de la détention illégale d’armes à feu par des populations civiles

On constate que les avis varient fortement d’une région à l’autre selon la manière dont la sécurité et l’insécurité sont perçues par les populations locales. Ainsi au Maniema et au Tanganyika, prés de 55 % de la population estiment que les armes ne constituent pas une source d’insécurité alors que près de 85 % pensent le contraire dans le Sud Kivu.

Dans le Nord Kivu en revanche, les personnes interrogées sont près de 96 % dans les villes de Goma et 95 % à Walikalé à penser que les armes à feu représentent bien une menace pour leur vie.

 

Bien que c ‘est agressions sont souvent rapportées auprès de la police et des autorités locales considérées comme des interlocuteurs privilégiés en cas d’agression armée par la majorité des personnes interrogées,  un nombre substantiel de répondants choisissent de rapporter ces actes auprès des des Forces Armées de la République Démocratique du Congo FARDC (l’armée régulière congolaise) mais aussi des chef coutumiers bien que cela ne relève pas de leurs responsabilités.

 

Cependant, en Ituri les démobilisés et déserteurs sont montrés du doigt, comme principaux responsables  de la prolifération d’armes à feu.

 

C’est une situation qui exaspère les populations des provinces de l’Est du pays et beaucoup craignent des représailles en cas de dénonciation, mais également pensent que leur action ne trouverait pas d’interlocuteur ou ne rencontrerait aucun écho. C‘est surtout le cas au Sud-Kivu où 60 % des répondant le pense, et 73 % en Ituri, rapporte l’étude.

 

 Il faut aussi ajouter que les armes à feu dans ces contrées servent aussi bien aux bandes criminelles qu’aux citoyens ordinaires qui partent à la chasse pour assurer la survie de leurs familles.

L’insécurité évoquée par les populations civiles se rapporte soit aux groupes armés rebelles étrangers et non étrangers, aux démobilises et déserteurs,  mais aussi aux bandits, qui dans l’environnement des répondants sont désignés comme principaux acteurs de l’insécurité.

 

Fort est de constater que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), l’armée régulière congolaise reste perçue comme la menace principale pour certaines populations du Nord Kivu (23,50 %) et du Maniema (19,76 %).

 

Toutefois, une écrasante majorité de Congolais semble très réceptive à l’idée d’un programme de désarmement des civils dans l’ensemble des régions étudiées.

 

Si on se rapportait au concept développé il y a quelques années par le Comite d’Aide aux Développement de l’OCDE dans lequel, ont stipule  « Qu’il ne peut y avoir développement sans sécurité au préalable », il serait  impératif pour les autorités congolaises de trouver une issue aux différents conflits qui perdurent dans l’est de la RDC et  qui freinent le développement de cette partie du pays

Criminalité et crainte

La circulation illicite des armes à feu observée principalement à l’Est de la RDC est à la base de la multiplication des actes de banditisme, des vols, des viols massifs mais aussi d’une grande criminalité, estime Georges Berghezan coordinateur de l’étude et chercheur au sein du GRIP.

 

« Il existe une effroyable criminalité dans l’Est de la RDC commise avant tout avec des armes à feu. On y tue facilement et la vie ne vaut donc pas grand-chose. Souvent les bandits préfèrent tuer la victime pour qu’elle n’aille pas se plaindre ou pour qu’elle ne puisse pas identifier son agresseur », ajoute le chercheur.

 

Des armes à feu dont le principal mode d’acquisition se déroule dans des conditions parfois obscure, si l on devrait se rapporter aux résultats de l’enquête. Ainsi on observe  qu’au Maniema, au Tanganyika et au Sud-Kivu le mode principal d’acquisition serait la marché noir, tandis qu’en Ituri  et au Nord Kivu, la police locale, les éléments des FARDC  mais aussi les pays voisins seraient les principaux fournisseurs.

 


Opération peu satisfaisante

Plusieurs opérations visant à désarmer les groupes armés mais aussi les populations civiles ont été mises en place par le gouvernement congolais et les organisations non gouvernementales (ONG) dans plusieurs provinces du pays.

En 2009 et 2010 le Programme œcuménique de transformation des conflits et de réconciliation (PAREC), une ONG locale financée par la présidence, a lancée une vaste opération de désarmement des populations civiles dans la capitale Kinshasa et dans d’autres régions du pays.

Ces opérations baptisées « Armes contre 100 dollars », « armes contre tôles » ou encore « armes contre vélos » visaient à récupérer toutes les armes détenues par les populations dans plusieurs régions du pays en échange d’une valeur en argent ou d’un bien matériel. Mais le résultat Des opérations  se sont soldées par un échec particulièrement dans les régions du Kivu, selon Charles Sadi, analyste pour le Sud Kivu dans le cadre de l’étude réalisée par le GRIP.

 

Entre 2004 et 2008, des opérations visant le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des groupes armés et des enfants soldats(DDR) avaient également été mis en place.

 

Etalés sous 3 phases, ces programmes concernaient environ 15941 combattants dont quelque 6000 enfants soldats, qui devaient également remettre volontairement leurs armes, munitions et uniformes à un représentant du gouvernement et ainsi leur permettre de rejoindre la vie civile.

 

Bien que ces programmes aient permit immanquablement de récupérer un certain nombre d’armes et de renvoyer à la vie civile plusieurs milliers de combattants, « ils ont couté très cher estime un ancien spécialiste Belge des  Grands Lacs et ancien chercheur pour le GRIP, chercheur  qui souhaite conserver son anonymat.

Selon lui, La question sur la rentabilité devrait se poser dans la mesure où il existe toujours certaines zones où les populations sont continuellement victimes d’attaques, subissent  des viols, des vols et des pillages.