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RENCONTRE AVEC LA CHANTEUSE CONGOLAISE CAROLE NTUMBA.

Originaire de la République démocratique du Congo, mariée et mère de trois enfants, Carole Ntumba est une chanteuse d'origine congolaise qui affiche son amour pour le chant et débute ses premiers pas dans la musique  dès l’âge de 8 ans, quand elle intègre la chorale d'une église de sa ville natale  kasumbalesa.

 Sa présence au sein de cette chorale fut une révélation pour elle et très vite elle y prit plaisir et caressa secrètement l'envie de se produire à l'âge adulte sur les plus grandes scènes musicales, même si au fond de sa plus petite  enfance elle comprenait déjà que ce n’était que par la rigueur et la détermination que son rêve pourrait devenir réalité. Toutefois, son aventure musicale va réellement commencer à se dessiner en 2011 en Belgique à Charleroi quand le public belge la découvre au travers de son premier album « Dunia » qui marque les esprits de tous ceux qui l'écoutent car ses paroles fortes de sens,  interpellent notre sensibilité  et notre solidarité  face à un monde remplit d'injustices et d'inégalités. Son répertoire riche de sonorité issue des rythmes de son Congo natal témoigne de son attachement vis-à-vis de son pays et de sa culture.

Fascinée par les artistes qui ont bercé son enfance, ses influences musicales sont l’afro pop, la soul ainsi que la rumba.  Sa beauté, et son style vestimentaire simple et raffiné nous rappellent les déesses de la musique africaine telle que  Mbilia bel, Abeti Masiquini, Mpongo Love qui ont écrit l'histoire de la musique congolaise et africaine. Difficile de rester insensible à la voix sublime et vibrante de cette jeune chanteuse, pour qui la musique est une véritable passion.

Rencontre avec Carole Ntumba pour une petite balade dans son univers privé et musicale pour croquer à pleines dents le tableau de sa vie.

1) Carole Ntumba, qui es-tu

  Je suis une chanteuse et interprète originaire de la République démocratique du Congo, j’habite en Belgique, je suis mariée et mère de trois enfants.

2) Décrits nous tes premiers pas dans la musique

J’ai commencé à m’intéresser de près à la musique dès l’âge de 8 ans, j’étais alors affiliée à une chorale religieuse à kasumbalesa qui est une localité de la province du Katanga en République démocratique du Congo. Progressivement j’y ai pris goût car la musique représentait et représente toujours pour moi un moment de partage d’amour, de paix, et un moment de communion universelle qui permet de faire passer des émotions à travers une voix, ou un instrument. Arrivée à l’âge adulte j’ai décidé d'en faire une carrière. Aujourd’hui je suis persuadée que la musique est le langage de l’âme et qu’elle traduit ce qu’il y a de meilleur en chaque homme quelle que soient sa langue et sa culture d’origine.

3) Quel type de musique écoutes-tu le plus souvent

 J’écoute plusieurs styles de musique. Toutefois mes préférences vont plutôt vers le blues, la soul et le rock. Cependant je dirai que toutes mélodies sont les bienvenues dans ma bibliothèque musicale.Chaque mélodie a quelque chose de particulier à partager ; elle peut soit nous rappeler les souvenirs d’une période oubliés telle que notre enfance, notre adolescence, elle peut aussi  faire renaître  en nous des sentiments, nous éloigner de la solitude et combler un besoin affectif.

4) Combien d’albums as-tu à ton actif à ce jour ? es-tu satisfaite de la manière dont le public a accueilli ta musique

 J’ai un album à mon actif qui est sorti dans les bacs il y a deux ans. Actuellement je suis en studio car je prépare mon second album, qui j’espère connaîtra le même succès que le précédent. Dans mes chansons, le thème central est l’aspect social mais je prône aussi l’amour, le pardon, l’entente. Je dirai que le public a très bien accueilli mon premier album  et je confirme cela  rien qu’à travers les milliers d’encouragements que j'ai reçus virtuellement, et  aussi parce qu'il s'est très bien vendu. Je le constate également sur scène lorsque le public chante avec moi ou reprends des refrains avec moi. Cet intérêt, cet enthousiasme de leur part me va droit au cœur et me donne la volonté de m’améliorer davantage pour continuer à séduire ce public qui répond toujours en grand nombre à chacune de mes prestations.

5) Tu chantes en français, en swahili, et en lingala. Penses-tu pouvoir atteindre un grand nombre de personnes avec ces trois langues

J’arrive à toucher un large public avec ces trois langues. En dehors du Lingala qui est une des quatre langues nationales en République démocratique du Congo, il faut savoir que le swahili est aussi parlé dans plusieurs pays d'Afrique de l’Est. Les chansons ne séduisent pas uniquement au travers de leurs paroles, le rythme y contribue également et cet aspect est universellement partagé. Dans la mesure où aujourd’hui je chante le plus souvent devant un public francophone, certaines mélodies que j’interprète sont écrites en français justement pour me permettre de faire passer mon message et de me rapprocher davantage du public.

6) L’anglais devient une langue incontournable dans la musique, as-tu l’intention un jour d’utiliser cette langue dans tes chansons

C’est vrai que l’anglais devient de plus en plus universelle raison pour laquelle dans mon prochain album j’ai prévu d’y placer au moins trois titres en Anglais. Cependant il ne faudrait pas que cela devienne une condition pour faire connaître sa musique. En tant que francophone, je défendrai toujours la langue française et cela au travers de mes chansons. Je refuse de croire que sans l’Anglais le succès se fera attendre.

7)Tu vis en Belgique depuis 12 ans, pourquoi as-tu choisi la Belgique? parle nous de ton intégration en Belgique

La Belgique n’a pas été mon choix principal, je suis venue vivre ici parce que l’amour m’y a emmené. J’ai rejoint mon mari qui lui vivait ici. Le Congo me manque énormément et c’est normal. Je suis née là-bas, j’ai grandi le bas,  ma grande famille habite le bas. Il est dit qu’on doit un jour quitter le nid. En ce qui concerne mon intégration, je dirai que ça s’est très bien passée car les Belges sont accueillants et courtois. Je n’ai pas souffert à cause de mes origines car la Belgique compte une grande communauté africaine et je dirai que le racisme ici ne se fait pas sentir. Du moins je ne l’ai pas ressentie. Je suis aussi contente de faire partie de la population belge.

 8) Quels sont les chanteurs originaires de ton pays le Congo que tu apprécies et de qui tu t’inspires

 Je dirai que le Congo est un  pays très riche sur le plan artistique, il est d’ailleurs considéré comme la capitale de la musique africaine. Nous avons beaucoup d’artistes talentueux tels que Luambo Makiadi , Docteur Niko Kassanda, Wendo kolosoy ,papa Wemba, koffi Olomide, Tshala Mwana, Lukua kanza , Mbilia bel , feu Abeti Masikini , feu Rochero, Jean Goubal et les autres que j’ai pas pu citer. Je dirai que c’est la première génération d’artistes congolais qui ont construit les bases de la musique subsaharienne que nous écoutons jusqu'à aujourd'hui et qui font la fierté de ce  grand pays.

 9) Comment arrives-tu à concilier ta vie professionnelle et celle familiale ? Quel conseil peux-tu donner aux femmes qui souhaitent entamer une carrière musicale

J’arrive à composer entre ma musique et ma vie de famille car je me suis longuement préparée. Si ce n’était pas le cas je pense que je n’allais sûrement pas me lancer dans la musique. Les choses avancent comme je les avais prévus et ce qui est important pour moi c’est que je le soutien de mon mari, de mes enfants pour ne pas parler de la grande famille. Chacun contribue d’une manière ou d’une autre à ma carrière. Le tout reste une question d’organisation. Aux femmes qui voudraient entamer  une carrière musicale, je leur dirai d’être fixées et  de savoir ce qu’elles veulent. Quand on a des ambitions on peut passer à travers toutes les barrières pour réussir.

 10) Tu as récemment effectué un voyage au Congo à Lubumbashi, décrits nous ce premier contact avec la population lushoise

 Mon voyage à Lubumbashi s’est très bien passé premièrement car je rentrais à la maison dans ma ville, celle qui m’a vu grandir pour présenter le produit de mon travail artistique mais aussi parce que j’étais contente de revoir les miens et de partager avec eux ma réussite. J’ai été surprise de voir qu’il y avait déjà des gens qui connaissaient ma musique et l’appréciaient.

 11) Tu as donné quelques concerts au Congo, peux-tu nous dire comment ta musique a-t-elle été perçue

Je dirai plutôt que le public lushois est un public connaisseur. Le Congo regorge un nombre important d’artistes talentueux mais qui malheureusement en raison de plusieurs difficultés peine à se faire connaître sur la scène internationale. J’ai pu constater qu’il y a une nouvelle génération de chanteurs qui tente d’émerger et qui sont très appréciés par la population locale. J’ai remarqué de même que les lushois sont ouvert à différents styles de musique et cela permet à chaque artiste d’imposer son style. Dire que j'ai apporté quelque chose de nouveau ça serait exagéré, mais ce que j’ai apporté c'est mon propre style l’afro pop. Ca été une très belle expérience et j’ai décidé d’y retourner très  souvent.

 12) En écoutant ton album on observe pour un premier opus une certaine maturité et du professionnalisme

 Cela est dû à mon expérience vécue, il faut dire aussi que je me suis entourée d’une équipe de professionnelles et j’en profite aussi pour les remercier une fois de plus. Je travaille beaucoup sur chacune de mes mélodies, j’y mets beaucoup de sérieux et je crois que le travail reste la clé de la réussite. Offrir un travail de qualité c’est aussi pour moi un respect à l’égard de ceux qui écoutent ma musique.

 13) Tu as eu des projets autres que la musique auparavant auxquels tu as dû renoncer pour chanter

Je n’ai pas eu à renoncer à quoi que ce soit parce que mon rêve de jeunesse était celui de devenir chanteuse. En attendant de pouvoir me plonger complètement dans cet univers, j’ai voulu travailler dans la petite enfance. J’ai fait une formation pour devenir puéricultrice. En ce moment, malgré mon programme chargé je continue à m’occuper des enfants par le biais d’associations caritatives.

14) Il paraît que ton mari participe à l’écriture de tes mélodies. Quel sentiment as-tu de partager cette passion avec lui

Oui mon mari écrit et compose pour moi, c’est la meilleure des choses qui puisse arriver. Partager cette passion nous permet de vivre les choses en commun plus facilement de se comprendre, de se soutenir, et  de s’encourager mutuellement. Mon mari et mes enfants sont mes premiers fans et je profite de l’occasion pour leur dire merci, car ils font preuve d’une grande patiente même si mon absence peut parfois être difficile pour eux.

 15) Ton nom de scène est Carole Rolls, qu’est-ce que cela signifie

 C’est ma mère qui m’appelle carrols, j’ai scindé le nom en deux et j’ai pris la dernière partie qui est Rolls. M’attribuer ce surnom est une façon pour moi de la sentir proche de moi sur scène.

 16) Quel est ton style vestimentaire sur scène

J’ai un style classique, mais Il m’arrive de privilégier le pagne qui fait la fierté de la femme africaine. Une chose est sûre, je n’exhiberai jamais mon corps pour faire parler moi ou pour mieux me vendre. En tant que femme africaine et conservatrice de nos valeurs et nos mœurs, il y a une ligne rouge que je ne m’autoriserai jamais à franchir. J’invite toutes les chanteuses africaines admiratrices d’un style faisant frontière avec l’indécence, de prendre conscience que nous avons des valeurs à défendre dans le monde. Notre africanité passe aussi par notre décence sur scène. Il existe des réalités sociologiques propres à nos pays africains qu’on ne doit pas ignorer.

 17) Parlons de scène que penses-tu des chanteuses qui exposent leurs corps sur scène uniquement pour faire parler d'elles

Cette nouvelle tendance vestimentaire que j’observe notamment dans le rang de la jeune génération d'artistes femmes me choque. Je pense qu’il faut une cohérence entre le message qu’on véhicule et le style vestimentaire sur scène. On se plaint que la femme n'est pas respectée, mais comment voulez-vous être respecté quant à travers votre habillement vous ne respectez même pas votre public. On a pourtant vu des grandes artistes qui demeurent éternelles comme Miriam Makeba, Céline Dion, Whitney Houston, qui ne se sont pas dévêtues mais qui ont vendu des millions d’albums. Elles n’ont jamais été en porte-jarretelles ou en gaine sur scène.

 18) Ton entourage te définit comme une femme ambitieuse, Quels sont les compromis que tu pourrais faire pour atteindre tes objectifs

Je parle beaucoup avec mon mari et mon entourage. Nous avançons en équipe et je n'ai pas besoin de faire de compromis car je sais ce que je fais. Je me suis permis des limites et je sais qu’il y a des choses que je ne peux pas faire. Je suis déterminée à réussir car ma réussite sera aussi un exemple pour mes enfants.

 19) Un mot pour conclure cet entretien  

Merci à l’équipe de Francophonie Actualités, à ma famille pour le soutien et j’invite tous les lecteurs et lectrices à me soutenir et à visiter ma page Facebook Carole Rolls officiel et de vous procurer mon album.

Par: Irèn Ngoy Fiama